samedi 18 novembre 2017

"AIDEZ-NOUS À SORTIR FELIX DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"


"AIDEZ-NOUS À SORTIR FÉLIX DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE"��������

 PS. Félix, petit-frère d'un ami proche, est le1er à gauche.

Campagne de Mobilisation Menée par l'Association "NOUS PAS BOUGER" avec JMTVPLUS.

Contact: Joel Didier Engo, Président de l'Association "Nous Pas Bouger"

Jacky Moiffo,  JMTV MEDIA

Tel: 0641001431 /   06 99 59 77 64


 
Madame, Monsieur,

Merci de rejoindre notre mobilisation contre l’esclavage des migrants africains en Libye avec pour objectif sortir Félix et ses compagnons d’infortune des camps libyens.

Votre participation prendra la forme que vous souhaitez donner. Toutes les contributions sont les bienvenues.

Elle pourrait notamment prendre la forme d’un message de soutien filmé reprenant le slogan de campagne "AIDEZ-NOUS À SORTIR FÉLIX DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE", réalisé par le journaliste et fondateur de JMTVPLUS, Jacky MOIFFO

Elle pourrait aussi être un don d’un montant de votre choix dans le cadre de la campagne «SORTIR FÉLIX DE L'ESCLAVAGE EN LIBYE» adressé à l’association NOUS PAS BOUGER en sa qualité de personne morale coordonnatrice de la campagne et dont les coordonnées bancaires figurent clairement sur son site internet : http://nouspasbouger.org/P

Réunion de Mobilisation ouverte à tous Mercredi 23 novembre au Centre international de culture populaire (CICP) de Paris à partir de 18h30

21 ter rue Voltaire 75011 Paris


Métro rue des boulets, Ligne 9


  "Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque personne, alors nous ne sommes plus humains"

 

AMBIANCE, C'EST CHAUD dimanche 19 novembre 2017
1 000 personnes (5 000 selon les organisateurs) majoritairement issues de la diaspora afro-descendante, ont manifesté à Paris, samedi 18 novembre, pour dénoncer les pratiques esclavagistes en Libye. En cause selon elles : la responsabilité des dirigeants occidentaux dans la situation libyenne notamment celle de la France.
 

Je n’imaginais pas qu’il y aurait eu autant de monde”. Claudy Siar se dit ravi et fier. Lui qui, deux jours auparavant, criait sa colère sur une vidéo Facebook vue des milliers de fois et partagée tout autant. “Moi descendant d’esclaves, j’ai la haine“, protestait-il. L’animateur radio de 48 ans, producteur de l’émission Couleurs tropicales sur RFI, est à l’initiative de cette mobilisation ce samedi 18 novembre à 16h contre les pratiques esclavagistes en Libye. Il s’enthousiasme du “rassemblement spontané” rendu possible grâce à une mobilisation sur les réseaux sociaux. L’élément déclencheur : un reportage de la chaîne américaine, CNN, montrant des Africains vendus comme des esclaves ou enchainés dans des cages en Libye. Plusieurs personnalités avaient également relayé l’appel à manifester, comme Omar Sy, Mokobe de 113, Didier Drogba ou l’ancienne Miss France Sonia Rolland.

Un collectif a d’ailleurs été créé à l’occasion : Collectif contre l’esclavage et les camps de concentration en Libye (CECCL). La mobilisation qui, au départ, devait être un simple rassemblement devant l’ambassade de Libye dans le 15ème arrondissement de Paris, s’est transformée en manifestation spontanée. Au cri de “Libérez nos frères” ou de “Libérez nos soeurs“, la foule est venue crier sa colère : 1 000 participants selon la préfecture de police de Paris, entre 5 000 et 6 000 selon Claudy Siar et d’autres à l’initiative. Majoritairement, les manifestants étaient issus de la diaspora afro-descendante. Les pancartes cartonnées arboraient plusieurs messages comme “L’esclavage, crime contre l’humanité” ou “Nous sommes tous des humains“. Autant d’inscriptions pour témoigner d’une situation universelle qui nous concerne tous, y compris les beaux quartiers parisiens.


Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains

“Voir nos enfants enchaînés dans une cage, c’est inadmissible, c’est révoltant“, s’insurge Julie Mabea, musicienne de 43 ans. “Si des êtres humains vendus comme esclaves, ça ne choque plus personne, alors nous ne sommes plus humains“, juge, pour sa part, Raphaël Agbemadon, équipier de vente de 37 ans. Les images ont servi d’électrochoc pour certains qui tenaient à battre le pavé parisien à tout prix. “J’avais prévu des choses ce samedi mais j’ai tout annulé à la dernière minute. Je ne pouvais pas rester chez moi”, explique Sisko Mbuma, militant associatif de 37 ans.

Pourtant, la question de l’esclavage en Libye, et dans d’autres pays comme la Mauritanie, n’est pas nouvelle. Qu’est-ce qui a incité les gens à sortir dans la rue ? “Je pense qu’avant, les informations étaient restreintes. Maintenant, elles sont diffusées rapidement et partout grâce aux réseaux sociaux”, analyse Mireille Owona, gestionnaire de patrimoine de 33 ans. “Personnellement, avant ce reportage de CNN, je ne connaissais pas cette réalité” avoue Julie Mabea. Pour Raphaël Agbemadon “la jeunesse africaine est en train de prendre conscience. Il serait temps que les jeunes africains aient un sursaut d’orgueil pour que le cliché sur la misère en Afrique cesse”.

“Sarkozy criminel, Sarkozy assassin”

Pour une grande majorité des manifestants interrogés, les pays occidentaux, la France en particulier, portent une grande part de responsabilité sur cette tragédie. “On ne peut pas reproduire ce qui s’est passé il y a 400 ans tout en connaissant les séquelles et les dégâts que cela occasionne“, analyse Sonia Lebrache, artisane de 33 ans. Sur la période récente, c’est l’interventionnisme occidental en 2011 en Libye qui est pointé du doigt à la quasi unanimité. Du coup, les slogans “Sarkozy criminel“, “Sarkozy assassin” ont jailli durant la manifestation.


Les manifestants avaient décidé de rejoindre le consulat de Libye, rue Kepler, dans le 16ème arrondissement, en passant par le 7ème arrondissement via l’avenue Rapp et le pont de l’Alma. Jusqu’au pont, la manifestation avançait tranquillement avec une foule grossissant au fur et à mesure. Mais en raison de son caractère “spontané” qui n’avait pas fait l’objet d’une déclaration à la préfecture de police, la manifestation a été jugée comme illégale par les autorités. Par conséquent, des dizaines de CRS ont été mobilisés pour barrer la route des manifestants sur leur parcours. C’est sur l’avenue Marceau, à l’angle de l’avenue Pierre 1er de Serbie et au niveau de l’église Saint-Pierre de Chaillot que le cortège a été la cible de gaz lacrymogènes. “On est venu manifester pacifiquement. Des mamans, des enfants. J’ai même vu des nourrissons. Et tout d’un coup, on voit des CRS qui viennent, qui nous chargent” s’insurge Sisko Mbuma.

Aucune dégradation commise mais des investigations demandées pour identifier les organisateurs d'”un rassemblement organisé au mépris de la loi”

La tête du cortège a pu passer à temps pour continuer sur l’avenue Marceau et arriver au niveau du consulat de Libye. Les autres groupes ont dû rebrousser chemin et se regrouper sur les Champs-Élysées, en remontant vers l’Arc de Triomphe. Mais les CRS attendaient justement ces manifestants pour les regrouper dans une nasse, sous les yeux de touristes surpris d’assister à une telle scène, avant que les CRS ne resserrent la nasse pour ne pas gêner la circulation automobile.

Une fois sortis de la nasse, plusieurs manifestants se sont dispersés pour “faire du bruit” et alerter les riverains sur fond d’appels à regroupements cacophoniques. Par exemple, sur la place d’Iéna, un groupe d’une cinquantaine de manifestants a reçu des messages indiquant de se rendre vers le pont de l’Alma pour rejoindre d’autres groupes. Cinq minutes plus tard, il était question de se diriger vers la place du Trocadéro où d’autres manifestants les attendraient. Mais finalement, un rassemblement d’une centaine de manifestants a eu lieu sur l’avenue Kléber en fin de journée, autour de Claudy Siar, saluant ceux qui ont manifesté et les appelant à rentrer calmement chez eux et à ne pas provoquer les CRS. “Aucune dégradation n’a été commise“, précise le communiqué de la préfecture de police de Paris, qui indique que “le Préfet a demandé que les investigations permettent d’identifier les organisateurs de ce rassemblement organisé au mépris de la loi afin que les procédures soient engagées aux fins de poursuites adaptées”.

Claudy Siar l’assure : cette manifestation en appellera d’autres, mais aussi un travail auprès de l’ONU et de l’Union européenne sur la situation en Libye, afin d’obtenir des excuses “de façon officielle”. “Ce n’est que le début du commencement“. Un autre rassemblement est d’ores et déjà prévu vendredi 24 novembre à 16h, toujours devant l’ambassade de Libye à Paris, à l’appel de plusieurs associations comme la Coordination Sans Papiers 75.

Jonathan BAUDOIN

La France va accueillir les premiers migrants exfiltrés de Libye

L’Ofpra a auditionné au Niger des demandeurs d’asile. Une européanisation du dispositif reste la condition sine qua non de sa réussite.

LE MONDE | | Par
« Pendant trois jours, nous avons entendu des rescapés de l’enfer », rapporte le directeur général de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra), Pascal Brice, après avoir écouté, au Niger, le récit des vingt-cinq premiers migrants (hommes, femmes et enfants) évacués de Libye. « Tortures, viols, détentions arbitraires, simulacres d’exécution… enlèvements aussi », dit-il.
Quand le haut fonctionnaire égraine les mots de l’horreur, il s’arrête un instant sur ces « enlèvements d’enfants », marqués par l’image des « deux petits qui s’amusaient à côté de nos bureaux provisoires à Niamey, retrouvant une vie de leur âge alors qu’ils venaient d’être rachetés par leurs parents à des ravisseurs »… La semaine dernière, c’est un marché aux esclaves filmé par la chaîne américaine CNN qui a ému l’opinion internationale et été à l’origine d’une manifestation d’un millier de personnes à Paris, samedi 18 novembre.

 
Alors que l’Europe négocie avec la Libye pour que ce pays retienne les migrants subsahariens et les empêche d’accéder à son territoire, pour que ses gardes-côtes fassent faire demi-tour aux embarcations de fortune parties d’Afrique, un autre travail, plus humanitaire, se dessine au Sahel. La France en est pionnière.
Soixante-douze réfugiés, déjà repérés par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) pour leur extrême fragilité, ont été entendus entre mercredi 15 et samedi 18 novembre par l’équipe de protection française. Aux quarante-sept Centrafricains, Maliens et Nigérians sélectionnés au Niger pour être envoyés en Europe pour urgence vitale, s’ajoutaient donc les vingt-cinq Soudanais et Erythréens ramenés de Tripoli en Libye. Ils pourront être réinstallés en France s’ils satisfont aux contrôles de sécurité du ministère de l’intérieur. Leur arrivée s’échelonnera à compter de janvier 2018.

Aller vite

Cette première mission de la France à Niamey fait suite à une autre, menée au Tchad en octobre, durant laquelle 240 Centrafricains et Soudanais avaient été entendus. « Ils commenceront à arriver avant Noël », selon le ministère de l’intérieur. Les opérations vont continuer puisque en quittant le Niger, M. Brice a promis qu’il reviendrait « pour que d’autres, qui doivent être protégés au titre du droit d’asile, puissent l’être et réinstallés en France ».

M. Brice aimerait que ses homologues européens le rejoignent. « Je propose aux responsables des offices européens de protection des réfugiés de travailler à nos côtés avec le HCR dans les prochaines missions pour offrir à un plus grand nombre de réfugiés la protection qui convient », explique-t-il. Les prochaines missions de la France devraient se dérouler en début d’année au Tchad et concerner entre 300 et 400 personnes, et à nouveau au Niger dès que le HCR pourra procéder à de nouvelles évacuations de réfugiés depuis la Libye. Il s’agit pour la France d’aller vite car le pari du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, est que les Africains, voyant qu’il existe une voie légale d’entrée en Europe, renoncent à traverser la Méditerranée. Ce qui est bien loin d’être gagné.

Le 27 juillet, à Orléans, le président français a annoncé l’ouverture d’un corridor humanitaire avec l’Afrique. Le 28 août, il a scellé le pacte à l’Elysée avec les présidents du Niger, du Tchad et en présence d’un représentant libyen, avant d’annoncer le 9 octobre que la France en fera bénéficier 3 000 migrants avant fin 2019. Pour ce faire, il précise que l’Ofpra assurera des missions au Tchad et au Niger, où elle auditionnera des demandeurs d’asile qui pourront être réinstallés dans l’Hexagone.

La spécificité du Niger, où le HCR tient une liste de « seulement » 10 000 personnes ayant besoin de réinstallation (contre plus de 70 000 au Tchad voisin), est d’avoir accepté de recevoir les exfiltrés de Libye. Samedi 11 novembre, un car a ramené les vingt-cinq premiers. « J’ai rencontré une partie d’entre eux, raconte Roberto Mignone, le responsable du HCR à Tripoli, et je dirais seulement que ces quelques hommes, mais surtout ces femmes et ces enfants ont terriblement souffert dans leur pays d’origine, sur la route et aussi en Libye. »

L’européanisation, condition sine qua non de la réussite

Selon le HCR, 390 000 migrants sont bloqués en Libye, dont 7 000 à 9 000 privés de liberté. Les vingt-cinq personnes en question ont d’ailleurs été extraites des centres de détention, puisque le HCR visite régulièrement 90 % des lieux officiels où ils sont enfermés. « Lors de nos visites, nous offrons une assistance, des soins médicaux. Nous repérons aussi les personnes en grande vulnérabilité, éligibles au statut de réfugiés et demandons ensuite aux autorités libyennes de les libérer, une par une », raconte M. Mignone, qui se réjouit d’avoir déjà « pu extraire plus de 1 600 personnes de ces lieux en 2016, 950 cette année », et espère une réponse des autorités libyennes pour en sortir rapidement 2 000 autres.

Pour l’heure, ces personnes libérées sont enregistrées par le HCR, qui leur donne une protection et une assistance humanitaire, « mais pour pouvoir leur offrir des vraies conditions de sécurité, de dignité, nous avons besoin d’un centre de transit », rappelle M. Mignone qui, sur ce point, est en négociation avec le gouvernement libyen. Il espère ouvrir ce lieu sécurisé à Tripoli début 2018. « En attendant, nous aimerions déjà évacuer 400 personnes du pays. Mais pour cela, il faudrait que des pays s’engagent à étudier leur dossier dans le cadre d’une réinstallation », ajoute le responsable HCR, rappelant dans la foulée que ce sera la même chose pour « les quelques milliers de réfugiés vulnérables que nous espérons sortir de Libye en 2018 ».

Les 3 000 Africains que la France s’est engagée à prendre d’ici à 2019 ne suffiront donc pas à vider la Libye et ne constitueront pas à eux seuls une alternative crédible pour dissuader les migrants de prendre la route du Nord. Samedi 11 novembre, au moment où le bus des vingt-cinq premiers évacués entrait sur le sol nigérien, l’émissaire spécial du HCR pour la Méditerranée, Vincent Cochetel, avait réitéré « l’appel urgent du Haut-Commissaire en faveur de la création de 40 000 places de réinstallation pour des réfugiés issus des pays africains ».

Les États ne se précipitent pas. Durant sa mission à Niamey, l’office de protection allemand est venu observer les procédures mises en place par la France ; et les ambassades d’Espagne et d’Italie ont regardé elles aussi de près l’opération. Reste que pour l’heure, aucun engagement n’est pris hormis celui de Paris. Une européanisation du dispositif reste la condition sine qua non de sa réussite, car les 1 500 départs légaux annuels de 2018 et 2019 vers la France ne rivaliseront pas avec les 145 000 traversées enregistrées depuis janvier.

jeudi 16 novembre 2017

Libye : des migrants vendus sur des marchés aux esclaves

L'indignation de l'animateur Claudy SIAR de RFI

 




Crimes

Esclavage en Libye : Tripoli ouvre une enquête sur des actes «inhumains»

Par AFP






Un responsable du ministère libyen des Affaires étrangères, Salah Abou-Raguigah (C), lit un communiqué lors d'une conférence de presse à Tripoli, le 19 novembre 2017 Photo MAHMUD TURKIA. AFP
Le gouvernement libyen d’union nationale (GNA), évoquant des actes «inhumains», a affirmé dimanche qu’une enquête avait été ouverte sur des cas d’esclavage près de la capitale Tripoli, à la suite d’un documentaire choc de la chaîne américaine CNN.

Le gouvernement suit «avec grande attention les rapports des médias sur l’exploitation des migrants clandestins par des criminels», a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué lu devant la presse.

Les faits décrits, qualifiés d’actes «inhumains et contraires à la culture et aux traditions du peuple libyen», «font l’objet d’une enquête», a-t-on poursuivi.
«Si ces allégations sont confirmées, toutes les personnes impliquées dans ces crimes seront punies», a promis ce même ministère.

Tout en rappelant «son engagement total et clair» envers la charte des Nations unies ainsi que son attachement aux textes criminalisant le commerce des personnes, Tripoli a toutefois critiqué la position des pays de la région sur le dossier.

«La Libye met en garde (...) contre les solutions internationales superficielles et stériles qui font en réalité obstacle à ses efforts pour endiguer ce phénomène, ouvrant la voie aux réseaux du crime organisé», a argué le ministère des Affaires étrangères.

L’idée d’installer des centres d’accueil en Libye avait été avancée fin août lors d’un mini-sommet à Paris en présence de pays européens, du Niger ou encore du Tchad. Elle avait toutefois été abandonnée du fait de l’insécurité persistante dans le pays.

«Mécontentement»

Plus tôt dimanche, le vice-premier ministre du gouvernement d’union libyen, Ahmed Metig, avait déjà publié un communiqué sur Facebook pour exprimer «son mécontentement» quant à «la réapparition du commerce d’esclaves dans la banlieue de Tripoli».

Metig avait indiqué qu’il chargerait «une commission d’enquêter sur ces informations de presse afin d’appréhender et soumettre les responsables à la justice».

Un récent reportage de CNN montrant des migrants vendus aux enchères en Libye, et largement partagé sur les réseaux sociaux, a provoqué une forte émotion, suscitant des réactions indignées en Afrique et à l’ONU.

On y voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d’une voix mettant aux enchères «des garçons grands et forts pour le travail de ferme. 400... 700...» avant que la journaliste n’explique: «ces hommes sont vendus pour 1 200 dinars libyens -- 400 dollars chacun».

Samedi, un millier de personnes a manifesté à Paris pour dénoncer les cas d’esclavage en Libye, selon la préfecture de police.

Depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, les passeurs, profitant du vide sécuritaire et d’une impunité totale en Libye, font miroiter à des dizaines de milliers de personnes cherchant une vie meilleure un passage vers l’Italie qui se trouve à 300 kilomètres des côtes libyennes.

Selon les derniers chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 156 000 migrants et réfugiés sont arrivés en Europe par la mer depuis le 1er janvier (contre près de 341 000 durant la même période en 2016), dont 73% en Italie. Près de 3 000 sont morts en tentant la traversée.

VIDÉO. CNN publie des images d'une vente aux enchères d'êtres humains en Libye. Une dérive glaçante de la crise migratoire qui secoue l'Afrique.

Modifié le | Le Point.fr






La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye. 
La chaîne américaine CNN a reçu une vidéo où l'on voit des esclaves vendus aux enchères en Libye.  © Capture d'écran de la vidéo de CNN / CNN







Tout est parti d'une vidéo, envoyée à CNN. « 900, 1000 » ? « Des hommes forts pour le travail à la ferme »… On y découvre des migrants vendus aux enchères sur des marchés aux esclaves en Libye. À partir de ces images glaçantes, deux journalistes de la chaîne américaine ont enquêté en se rendant à Tripoli. Ils y ont découvert que des marchés comme celui dont les images leur ont été envoyées se tenaient une à deux fois par mois. À l'aide de caméras cachées, ils ont réussi à filmer l'une de ces ventes, organisée la nuit dans un village en dehors de la capitale libyenne.

Les preuves de ces ventes aux enchères ont été transmises aux autorités libyennes qui ont promis de lancer une enquête sur ces agissements. Interrogé, Naser Hazam, le premier lieutenant de l'agence anti-immigration clandestine du gouvernement reconnaît que des gangs ont bien la main sur des réseaux de passeurs dans le pays. Il affirme toutefois n'avoir jamais assisté à de tels marchés.

La crise migratoire en toile de fond

À l'origine de ce trafic, il y a la crise migratoire, expliquent les journalistes. Les milliers de personnes qui tentent de fuir le continent africain pour l'Europe passent chaque année par la frontière libyenne. Mais les contrôles renforcés au large des côtes limitent désormais le nombre de bateaux qui peuvent tenter la traversée.

Sans un sou (tout ce qu'ils avaient ayant été donné aux passeurs) et coincés en Libye, les migrants deviennent alors des esclaves, les passeurs des maîtres. À l'intérieur des centres de détention pour migrants, de nombreux témoignages se font l'écho de ces pratiques moyenâgeuses. Leurs corps mutilés en disent long sur le traitement qui leur a été infligé.



LIBYA-EUROPE-MIGRANTS ©  MAHMUD TURKIA / AFP
Des migrants, qui tentent de rallier l'Europe via la Libye, marchent vers un centre de détention sur la ville côtière de Guarabouli, à 60 km à l'est de Tripoli.  © MAHMUD TURKIA / AFP

40 millions d'esclaves dans le monde

En mai 2017, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait recueilli des témoignages similaires. À l'époque, les propos rapportés faisaient état de travail forcé dans l'agriculture ou le bâtiment pour les hommes et de cas de viols et de prostitution forcée pour les femmes. Un « trafic souterrain à ciel ouvert », avait alors commenté Marwa Mohamed, chercheuse pour Amnesty International, dans les colonnes du Figaro, qui expliquait que ces trafics se tenaient dans des zones où l'autorité du pouvoir central était inexistante. La situation économique catastrophique et l'instabilité politique de la région favorisaient, selon elle, le développement de trafic en tous genres.

La Libye est loin d'être le seul pays ou ce genre de pratiques est observé. Aujourd'hui dans le monde, l'Organisation internationale du travail à l'Assemblée générale de l'ONU estime à plus de 40 millions le nombre de personnes victimes d'esclavage.

People for sale
Where lives are auctioned for $400
Exclusive: Migrants being sold as 'slaves'

Tripoli, Libya (CNN) -- "Eight hundred," says the auctioneer. "900 ... 1,000 ... 1,100 ..." Sold. For 1,200 Libyan dinars -- the equivalent of $800.
Not a used car, a piece of land, or an item of furniture. Not "merchandise" at all, but two human beings. 
One of the unidentified men being sold in the grainy cell phone video obtained by CNN is Nigerian. He appears to be in his twenties and is wearing a pale shirt and sweatpants.
He has been offered up for sale as one of a group of "big strong boys for farm work," according to the auctioneer, who remains off camera. Only his hand -- resting proprietorially on the man's shoulder -- is visible in the brief clip.
After seeing footage of this slave auction, CNN worked to verify its authenticity and traveled to Libya to investigate further. 
Carrying concealed cameras into a property outside the capital of Tripoli last month, we witness a dozen people go "under the hammer" in the space of six or seven minutes. 
"Does anybody need a digger? This is a digger, a big strong man, he'll dig," the salesman, dressed in camouflage gear, says. "What am I bid, what am I bid?"
Buyers raise their hands as the price rises, "500, 550, 600, 650 ..." Within minutes it is all over and the men, utterly resigned to their fate, are being handed over to their new "masters."
After the auction, we met two of the men who had been sold. They were so traumatized by what they'd been through that they could not speak, and so scared that they were suspicious of everyone they met.

Crackdown on smugglers

Each year, tens of thousands of people pour across Libya's borders. They're refugees fleeing conflict or economic migrants in search of better opportunities in Europe.
Most have sold everything they own to finance the journey through Libya to the coast and the gateway to the Mediterranean.
But a recent clampdown by the Libyan coastguard means fewer boats are making it out to sea, leaving the smugglers with a backlog of would-be passengers on their hands.
So the smugglers become masters, the migrants and refugees become slaves.
Migrants rescued from the Mediterranean arrive at a naval base in Tripoli in October.
The evidence filmed by CNN has now been handed over to the Libyan authorities, who have promised to launch an investigation.
First Lieutenant Naser Hazam of the government's Anti-Illegal Immigration Agency in Tripoli told CNN that although he had not witnessed a slave auction, he acknowledged that organized gangs are operating smuggling rings in the country.
"They fill a boat with 100 people, those people may or may not make it," Hazam says. "(The smuggler) does not care as long as he gets the money, and the migrant may get to Europe or die at sea."
"The situation is dire," Mohammed Abdiker, the director of operation and emergencies for the International Organization for Migration, said in a statement after returning from Tripoli in April. "Some reports are truly horrifying and the latest reports of 'slave markets' for migrants can be added to a long list of outrages."
The auctions take place in a seemingly normal town in Libya filled with people leading regular lives. Children play in the street; people go to work, talk to friends and cook dinners for their families.
But inside the slave auctions it's like we've stepped back in time. The only thing missing is the shackles around the migrants' wrists and ankles.

Deportation 'back to square one'

Anes Alazabi is a supervisor at a detention center in Tripoli for migrants that are due to be deported. He says he's heard "a lot of stories" about the abuse carried out by smugglers.
The Treeq Alsika Migrant Detention Center in Tripoli, where some migrants are held by Libyan authorities before they are repatriated.
"I'm suffering for them. What I have seen here daily, believe me, it makes me feel pain for them," he says. "Every day I can hear a new story from people. You have to listen to all of them. It's their right to deliver their voices."
One of the detained migrants, a young man named Victory, says he was sold at a slave auction. Tired of the rampant corruption in Nigeria's Edo state, the 21-year-old fled home and spent a year and four months -- and his life savings -- trying to reach Europe.
He made it as far as Libya, where he says he and other would-be migrants were held in grim living conditions, deprived of food, abused and mistreated by their captors.
"If you look at most of the people here, if you check your bodies, you see the marks. They are beaten, mutilated."
When his funds ran out, Victory was sold as a day laborer by his smugglers, who told him that the profit made from the transactions would serve to reduce his debt. But after weeks of being forced to work, Victory was told the money he'd been bought for wasn't enough. He was returned to his smugglers, only to be re-sold several more times.
The smugglers also demanded ransom payments from Victory's family before eventually releasing him.

ESCLAVAGE DES MIGRANTS EN LIBYE, INDIGNONS-NOUS MAIS ÉVITONS LA CONCURRENCE DES MÉMOIRES

Bien triste constat que celui fait ici par le chroniqueur j. RÉMY NGONO, qui doit néanmoins nous prémunir contre toute mise en concurrence des mémoires. 

Parce que les victimes des attentats de Paris, et toutes les autres consécutives notamment aux crimes perpétrés par la Françafrique, ne supporteraient pas que nous les opposions, même indirectement, au nom de leur nombre ou de la compassion sélective pratiquée par les tyrans africains et leurs maîtres français.

Insurgeons-nous collectivement contre l'inhumanité et la cruauté de la Françafrique.

  Joël Didier Engo, Président de l'association NOUS PAS BOUGER



ARRÊT SUR IMAGES

Il a fallu un reportage de la chaîne CNN pour que les Africains se lèvent pour manifester contre l'esclavage des Africains en Libye. C'est bien, mais c'est comme si c'est CNN qui vient de nous faire découvrir ce qui se passe en Libye , alors que tous les dirigeants africains le savent, et je le dénonce ici depuis la création de ma page Facebook. D'autres lanceurs d'alertes tels Abdelaziz Mounde, Modestine Carole Tchatchouang, Junior Zogo, Claudy Siarr, le font depuis des années, mais aucun dirigeant africain et leur syndicat de l' Union Africaine ne se sont jamais levés ne serait -ce que pour s' indigner auprès des représentations diplomatiques libyennes installées dans leur pays.

Pourtant, quand c'était un attentat de CHARLIE HEBDO à Paris, ils sont partis défiler en France et même dans certaines villes en Afrique. Yayi BONI a pleuré jusqu'à vouloir tomber évanoui. Macky SALL qui est de couleur noire ébène, était devenu rouge avec des yeux qui coulaient du sang derrière les binocles sombres. Faure GNASSINGBE qu'on ne voit jamais au Togo, était en tête de peloton sur les Champs Élysées. Le drapeau ivoirien était en berne et les larmes de OUATTARA se mélangeaient à sa morve...

Si les Africains prennent le chemin de l'esclavage en Libye et les camps de maltraitance raciste dans tous les pays du Maghreb , c'est parce qu'ils fuient l'esclavage qui sévit dans leurs pays respectifs où toutes les richesses et les pouvoirs sont concentrés entre les mains des colons noirs. Toute manifestation est réprimée par des tirs à balles réelles. Les journalistes et défenseurs des droits de l'homme sont jetés en prison. Les jeunes font les petits boulots esclavagistes. Les fillettes et les garçonnets subissent la pédophilie et la pédérastie pour pouvoir manger.

Entre un esclave africain maltraité par les passeurs en Libye et un esclave africain condamné à la misère à perpétuité et fusillé par les forces de sécurité de son propre pays, lequel faut-il plaindre?

J. REMY NGONO
REMY NGONO officiel a ajouté 8 photos.

mardi 7 novembre 2017

France: Le lynchage jubilatoire de Patrice EVRA par le microcosme footbalistique

Le dérapage (de trop) de Patrice Evra et les masques antiracistes du milieu du football français qui tombent les uns après les autres au nom du « bon sens »

patrice evra

Le plus drôle dans ce défouloir au relent nauséabond pour ne pas dire « raciste » contre Evra (je mets raciste entre guillemets parce que ce délit punissable par la loi française ne doit jamais être mentionné par un nègre ou un arabe hexagonal, au risque de se voir reproché une victimisation ou un communautarisme exacerbé)…. c’est précisément qu’aucun des supposés grands chroniqueurs footballistiques français ne relève pas l’anomalie du supporter de l’Olympique de Marseille (OM) qui se retrouve à insulter le joueur de ce club sur un terrain à l’étranger….pas depuis une tribune – mais presque sur l’aire de jeu où le joueur s’apprêtait à livrer le match contre un adversaire portugais.

Tout cela semble donc parfaitement normal dès lors que les injures visaient ce petit « nègre » qui a souvent un peu trop eu tendance à « l’ouvrir » et à ne pas se laisser marcher sur les pieds, dans un pays où il devrait pourtant se contenter de savoir taper sur un ballon rond….

Et ne dites surtout pas à ces braves Messieurs et Dames du petit microcosme footballistique français que nous sommes en plein 21éme siècle où la première puissance mondiale a déjà pu être dirigée durant deux mandats par un nègre, et qui aurait lui aussi pu réagir de manière inattendue face à ce déferlement d’attaques haineuses dans les réseaux sociaux puis d’injures sur un terrain de football (injures que les inquisiteurs des médias prennent curieusement soin de ne pas mentionner, preuve s’il en est de leur gravité…).

En réalité ce défouloir renseigne surtout beaucoup sur l’état psychologique d’une certaine élite bien pensante française, et Dieu seul sait combien elle peut être donneuse de leçons en matière de lutte contre le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme, l’homophobie et j’en passe etc….Précisément quand cela se passe sous d’autres cieux et accable les « violents » et « intolérants » américains ou russes….

J’espère surtout que ma réaction ici ne sera pas vue, lue, ou interprétée comme un encouragement de ma part à de la violence physique, verbale, ou morale. Bien au contraire….

Je ne peux simplement pas rester indifférent devant un acharnement médiatique aussi jubilatoire contre un homme, dont  le petit microcosme footballistique français accuse littéralement de tous les maux depuis le triste épisode du bus de Knysna lors de la Coupe du monde en Afrique du Sud. Cette vulgaire banalisation de la négrophobie sous couvert de bons sentiments m’est insupportable.

Au fond la vraie faute de M. EVRA fut de signer à l’OM alors qu’il traînait une aussi mauvaise « réputation » dans le milieu du football français. Ses détracteurs peuvent donc littéralement s’en donner à cœur joie dans les médias avec des propos les plus méprisants et dégradants, sans craindre d’être rappelés à une certaine décence.

Tout cela résonne dans notre inconscient comme un brutal retour d’un « petit nègre » à une bien triste réalité française, devrais-je conclure….Une réalité que celles et ceux qui ne l’ont pas vécu saisissent assez difficilement la dimension sociétale. Car ce sont les mêmes qui vous tapent à l’épaule en vous disant combien ils vous aiment, ils auraient des amis et autres petites copines noirs de peau, et mêmes des collaborateurs « de toutes les couleurs » (de toutes les « races » se plaisent-ils à rappeler)….sont précisément ceux-là mêmes qui s’autorisent sous forme de plaisanteries tous les raccourcis et préjugés racistes, sautent sur le moindre incident pour vous plaquer « l’émotion nègre » au visage.

Joël Didier Engo, Président de NOUS PAS BOUGER
 

France: La chasse à l'insoumise OBONO


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Ras-le-bol de ces petites guéguerres de positionnements entre factions réactionnaires, identitaires, et bien-pensantes françaises; avec souvent en arrière plan une tête toute désignée à abattre!

Pourtant Dieu seul sait si la France et le monde connaissent des crises et des désastres humains en ce moment, bien plus préoccupants que l'amitié prêtée ou assumée de tel(le) avec tel(le) dans ce petit microcosme!

NON, c'est entendu Mme OBONO (dont je ne partage absolument pas les idées) est l'incarnation de la parfaite "insoumise" à abattre, y compris par nos grands défenseurs et détenteurs de la légion d'antiracisme républicain. Ils ne la lâcheront donc pas, tant qu'elle siégera à l'Assemblée nationale.

Le Front National de Marine LE PEN n'aura même pas eu besoin de s'en mêler.
C'est cela notre belle république voulue égalitaire et fraternelle française, où malheur à celles ou ceux qui (sans qu'on le leur dise explicitement) "usurperaient" d'une fonction ou position institutionnelle, y compris grâce au suffrage universel. Elles ou ils sont très rapidement ramenés ou remis à leur place: celle précisément de ces éternels "indigènes de la république" que l'on dit ou croit citoyens à part entière.

Comprendra qui voudra!

Joël Didier Engo, Président de NOUS PAS BOUGER



  «Je ne suis pas et n'ai jamais été membre du PIR [Parti des indigènes de la République, ndlr]. Je suis en profond désaccord avec leurs thèses.» C'est ce qu'écrit ce lundi, sur sa page Facebook, la députée France insoumise Danièle Obono (photo AFP). «Mon seul programme est celui de La France Insoumise, l'Avenir en commun. J'en ai coordonné les livrets thématiques. Je souscris à l'ensemble du programme sans exclusive. C'est celui sur lequel j'ai été élue députée de la 17e circonscription de Paris», écrit-elle.

La députée est à nouveau mise en cause à la suite d'une interview dimanche sur Radio J, où elle a dit respecter «la militante antiraciste» et «camarade» Houria Bouteldja, porte-parole du PIR, tout en affirmant, déjà, ne pas être «d'accord avec tout ce qu'elle dit».
 

vendredi 20 octobre 2017

Migrants : Agadez sous pression des hotspots de Macron (Reportage, Le Point Afrique)

Surpopulation, insécurité croissante : la ville du nord du Niger, devenue carrefour des migrants, s'interroge sur les dégâts collatéraux de ces postes-frontière français avancés installés en Afrique.

Par Morgane Wirtz, à Agadez
Publié le | Le Point Afrique
Dernière étape avant la grande traversée du désert, Agadez est sous pression des nombreux migrants venus de différents pays de la région. © Morgane Wirtz
 
Publié le | Le Point Afrique

« Hotspots », « missions de protection », voilà deux mots avec lesquels il va falloir s'habituer à chaque fois qu'il sera question de parler des migrants notamment africains. Dans le dessein d'éviter que ceux-ci arrivent en Europe en prenant des risques inconsidérés dans le désert du Sahara, mais aussi en mer Méditerranée, le président français, Emmanuel Macron, a émis l'idée de recevoir les candidats à une migration vers l'Europe dans des centres installés en Afrique. Autrement dit, faire en sorte que la décision de recevoir un migrant au titre de l'asile soit prise dans ces centres appelés « hotspots » par les uns et « missions de protection » par les autres. Ville située au nord du Niger, aux portes du désert, Agadez est devenue au fil des ans un carrefour de migrants. Autant dire donc qu'elle est en première ligne dans le dispositif que la France veut mettre en place pour contenir les migrants en terre africaine. Il n'y a bien sûr pas qu'Agadez qui est concernée. Nombre d'autres villes au Tchad et ailleurs ne manqueront pas de servir de hotspots. Sur place, au-delà de la question de souveraineté qui est posée avec une sorte de police des frontières françaises et Européennes installées au cœur de pays africains, il y a la crainte des conséquences économiques, sociales et politiques qu'ils ne manqueront pas d'entraîner. Le président français s'est engagé à accueillir 3 000 personnes parmi celles identifiées comme pouvant bénéficier de l'asile d'ici 2019. À Agadez, on sait que beaucoup de migrants ne seront pas acceptés à ce titre. De quoi alimenter bien des interrogations sur ce qui va advenir demain.

La crainte du surpeuplement

« C'est un bon projet », affirme Bilal Gallo, conseiller principal du sultan de l'Aïr. « Beaucoup de gens voyagent sans être ni informés ni encadrés. Ces missions permettront de les superviser et de leur apporter du secours, en cas de besoin », précise-t-il. « De nombreux candidats à la migration fuient des problèmes politiques ou la guerre. Ils pourront venir dans ces missions et y trouver des facilités pour migrer vers l'Europe », renchérit Hamed Koussa, adjoint au maire d'Agadez.

Mais pourquoi instaurer ces missions au Niger et au Tchad ? La quasi-totalité des migrants visés par les politiques du président français est en transit dans la région. Ils viennent du Mali, du Sénégal, de Guinée, de Gambie, du Nigeria, du Burkina Faso ou du Ghana et ont déjà effectué une bonne partie du chemin vers l'Europe. « Il serait préférable d'installer ces missions dans les pays d'origine des migrants. Proposer ces services dans les ambassades européennes, par exemple, pour voir comment, de là-bas, on peut les aider à avoir des papiers pour voyager » , propose Hamed Koussa.

À Agadez, la priorité des autorités est d'éviter une surpopulation de la ville. « Les candidats à la migration sont très nombreux. J'imagine que ceux qui répondront aux critères [pour obtenir le statut de demandeur d'asile­] seront, quant à eux, très peu nombreux », explique Issouf Maha, porte-parole du conseil régional d'Agadez. « Ce projet pourrait provoquer le surpeuplement d'Agadez et de ces environs. Déjà aujourd'hui, nous avons du mal à gérer la situation », poursuit-il. La ville souffre de carences en eau potable et en électricité.

Que faire des migrants refoulés ?

La question de savoir ce qu'il adviendra des personnes refoulées par les missions de protections est sur toutes les lèvres. Et chaque hypothèse ne présage que de sombres conséquences. S'ils sont relâchés, les migrants voudront, par tous les moyens, continuer leur route frauduleusement. « Il n'y a pas de stabilité en Libye. Il faut voir les dangers qu'encourent ces personnes. Il y a souvent des pertes de vies humaines. Nous les déplorons beaucoup parce qu'il s'agit de la jeunesse africaine. Il s'agit de cette jeunesse qui doit construire nos pays, qui doit construire l'Afrique. C'est elle qui est en train de partir et de périr dans la mer ou dans le désert », s'inquiète l'adjoint au maire.

Il semble aussi impensable de garder dans des centres ou de reconduire à la frontière les migrants qui n'auront pas été acceptés dans la procédure de demande d'asile. C'est que le Niger est membre de la Cedeao (Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest) et doit garantit la libre circulation des personnes sur son territoire surtout si elles sont originaires de pays membres de ladite communauté. « Si vous voyez des gens avec un passeport du Mali ou du Tchad, qu'est ce que vous pouvez leur dire ? Vous allez les refouler ? Si nous leur apportons des complications, cela créera une révolte. Moi, si je vais au Mali et qu'on me met en prison, comment est-ce que je réagis ? Je me révolte ! » explique Bilal Garo. « Est-il assez honnête qu'au nom de la coopération, on nous fasse piétiner nos principes et nos règlements pour satisfaire ceux des Européens ? » s'indigne Rachid Kollo, président du Cadre d'action pour la démocratie et les droits de l'homme.

Ces hotspots, le signe d'un retour de la Françafrique ?

« Le véritable président du Niger, Emmanuel Macron, a décidé tout simplement d'instaurer dans une de ses sous-préfectures des bureaux pour filtrer les Africains qui vont aller en Europe, en France. Et c'est bien triste, c'est bien dommage de constater que nous n'avons encore que des sous-préfets, non des présidents de la République », s'indigne Rachid Kollo. Pour ce représentant de la société civile nigérienne, l'Union européenne instaure ses politiques de répression migratoire sans se soucier du sort de la ville. « Le fait de stopper la migration appauvrit Agadez. Tous ces migrants viennent et restent entre une semaine et dix jours à Agadez avant de continuer. Ils achètent dans de petits commerces. Cela fait vivre certaines familles. Après, ils achètent leurs billets de transport, cela fait vivre d'autres familles », poursuit Rachid Kollo. « L'UE met en place des projets. Elle envoie des ONG européennes et leur donne des moyens pour répondre à la question migratoire. La commune d'Agadez peut trouver les solutions. Elle a besoin d'être soutenue dans cette démarche. La solution ne peut venir que de nous », renchérit l'adjoint au maire. Les autorités communales espèrent être prises en considération lors de la mise en place des missions de protections. Selon elles, c'est l'unique moyen de prévenir les conséquences néfastes de la dernière idée du président français.

mardi 17 octobre 2017

A Ceuta, les migrants homosexuels doublement dans l’impasse

Dans l’enclave espagnole, des dizaines de gays tentent d’obtenir l’asile en Europe. Mais leur orientation sexuelle ne suffit pas à prouver qu’ils sont en danger dans leur pays.


Ismaël* ne fuit pas la guerre. Ni la misère. Il est marocain, homosexuel et a quitté son pays à cause de « ça » : « Les gays sont détestés chez nous. Ils provoquent une sorte de malaise chez les gens. Ils les dérangent profondément pour des raisons qui m’échappent encore. » La culture, la religion. La loi surtout. S’ils ne peuvent pas se comporter librement, les homosexuels craignent avant tout pour leur sécurité. Dans un pays où les relations sexuelles entre personnes du même sexe, dites « contre nature », sont passibles de trois ans de prison, ils risquent non seulement d’être incarcérés, mais aussi d’être agressés et persécutés au quotidien.

 
Il y a neuf mois, Ismaël s’est rendu à Ceuta pour demander l’asile en Espagne sur la base de son orientation sexuelle. Originaire d’Oujda, dans le nord-est du royaume, le jeune homme de 24 ans vit depuis dans le centre d’accueil temporaire pour les immigrés (CETI), à Ceuta. Là, environ 80 homosexuels ont trouvé refuge parmi plus de 900 migrants – le centre abrite presque le double de sa capacité. La plupart sont marocains et algériens, mais il y a aussi des subsahariens. Par peur de représailles des autres habitants du centre, l’équipe du CETI donne très peu d’informations sur ce groupe particulièrement vulnérable.

Roué de coups par trois hommes

A Melilla aussi, l’autre frontière terrestre entre l’Afrique et l’Union européenne, plusieurs dizaines d’homosexuels espèrent obtenir le statut de réfugié. Ils rêvent de se retrouver sur une terre « où l’on peut être soi-même, sans se méfier constamment », explique Ismaël.

Pour lui, le cauchemar a commencé à l’école. « Durant toute ma scolarité, j’ai été malmené parce que j’étais le petit pédé », confie le jeune Marocain. En 2016, Ismaël a été agressé dans la rue, roué de coups par trois hommes qui le suivaient dans les rues d’Oujda. « Quand je suis allé porter plainte, les flics ont compris que j’étais gay. Ils m’ont demandé pourquoi les hommes m’avaient frappé. Puis ils m’ont posé des questions qui n’avaient rien à voir avec l’agression et ont confisqué mon portable. » En fouillant son téléphone, la police a trouvé des photos compromettantes. Ce soir-là, Ismaël n’est pas rentré chez lui. « Ils m’ont jeté dans une cellule. Trois semaines plus tard, j’étais jugé pour homosexualité. » Verdict : deux mois de prison ferme.

 
Au Maroc, les arrestations et les violences homophobes se sont multipliées ces dernières années. En 2015, deux hommes ont été arrêtés pour s’être embrassés dans la rue à Rabat. Leur photo d’identité a été dévoilée à la télévision publique, ce qui avait entraîné des manifestations devant leur domicile. Un an plus tard, le lynchage d’un couple d’homosexuels à l’intérieur de leur maison à Beni Mellal a particulièrement marqué les esprits. Malgré les cris d’alarme des associations et des organismes internationaux, le gouvernement marocain refuse de changer de position. Le ministre d’Etat chargé des droits de l’homme, Mustapha Ramid, a même qualifié les homosexuels « d’ordures », en marge d’une réunion du Conseil national des droits de l’homme (CNDH) sur la prévention de la torture fin septembre. La vidéo de ses propos homophobes, qui ne sont pas les premiers, a été diffusée le 12 octobre sur Internet et provoqué l’ire des associations de défense des droits de l’homme.

Mais la chasse aux homosexuels ne sévit pas qu’au Maroc. Selon le rapport 2017 de l’Association internationale LGBT (ILGA), 72 pays pénalisent toujours l’homosexualité. En Iran, au Nigeria, au Soudan, en Somalie ou encore en Arabie saoudite, elle est passible de la peine de mort. Partout dans le monde, des femmes et des hommes quittent leur pays pour fuir les violences réservées aux minorités sexuelles. Une information qui échappe aux statistiques car, la plupart du temps, ces migrants masquent les motifs réels de leur exil forcé, compliquant davantage leur accès à l’asile.

« Persécution pour orientation sexuelle »

Depuis un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) rendu en novembre 2013, les homosexuels peuvent officiellement revendiquer appartenir à un « certain groupe social ». Une condition nécessaire pour prétendre au statut de réfugié en vertu de la Convention de Genève. Avant cette date, plusieurs pays, dont l’Espagne, avaient déjà commencé à accueillir des migrants pour « persécution pour orientation sexuelle ».

Encore faut-il le prouver. Car, dans sa décision, la CJUE stipule que la persécution doit atteindre « un certain niveau de gravité ». L’existence d’une loi pénalisant l’homosexualité dans le pays d’origine ne suffit pas à donner droit au statut de réfugié. Les procédures varient selon les pays, qui doivent évaluer eux-mêmes la crédibilité de la requête. « Les pays européens estiment qu’il faut réduire l’octroi du statut de réfugié dans les pays du Maghreb, considérés comme stables. C’est vrai que le Maroc est un pays sûr, mais pas pour tout le monde. La communauté LGBT est persécutée de fait, puisqu’elle doit se cacher et vivre dans la peur », avertit une membre du collectif Aswat, qui milite anonymement depuis 2013 pour la défense des minorités sexuelles au Maroc.

Pour constituer un dossier de demande d’asile liée à leur homosexualité, les migrants doivent apporter les preuves de la discrimination fondée sur leur orientation sexuelle ou sur leur identité de genre. « Ils veulent des photos des coups portés sur notre corps. Un certificat de passage à l’hôpital, un casier judiciaire, un enregistrement… Et, en plus, démontrer que cela est lié à notre orientation sexuelle », témoigne, découragé, un Algérien de 32 ans qui n’a pas réussi à rassembler tous les papiers.

Climat de méfiance

Beaucoup renoncent ainsi à demander l’asile. Sur environ 80 homosexuels au CETI de Ceuta, seule une douzaine a déposé une requête, d’après l’ONG Human Rights Watch (HRW). Outre la complexité des dossiers, la lenteur de la procédure décourage les migrants. Depuis la décision de la CJUE en 2013, face à l’afflux des demandes, les autorités espagnoles ont ralenti l’examen des dossiers, soupçonnant parfois des cas de migrations économiques déguisées.

Désormais, il faut attendre au moins un an avant d’être transféré vers la péninsule. « Pour atteindre plus vite les côtes européennes, ils préfèrent tenter leur chance et se faire expulser en Espagne en tant que migrants clandestins, explique Judith Sunderland, directrice adjointe de la division Europe et Asie centrale de HRW. Les autorités espagnoles imposent un choix terrible à des personnes qui ont besoin de protection. Ils opèrent une politique de découragement qui est inadmissible. »

 
Au CETI, l’attente est longue. Surtout pour ces dizaines de migrants homosexuels vivant toujours dans la menace. « Ceuta, c’est comme le Maroc, regrette Ismaël. Presque naïvement, peut-être pour me donner de l’espoir, j’ai pensé qu’en arrivant ici, je serais enfin en sécurité. » Mais à l’intérieur du centre comme dans les rues de Ceuta, les personnes LGBT sont toujours persécutées. « Deux personnes ont été agressées sexuellement dans le centre-ville », poursuit le jeune Marocain.

 
Pour certains migrants du CETI, l’homosexualité est vue comme un prétexte. « Si tu dis que tu es gay, on te donne l’asile tout de suite. C’est faux ! », déclare un Nigérian de 28 ans. « Peut-être que c’est vrai et que ce n’est pas facile pour eux, reconnaît un autre Nigérian. Mais nous, on a de vrais problèmes. On devrait passer avant eux ! » Dans ce climat de défiance, Ismaël, comme les autres membres de ce petit groupe fermé, ne sort pratiquement plus. Il se fait discret, protégé par les travailleurs sociaux. « Si les autres migrants apprenaient ce qu’on fait ici, ils nous tueraient. »

* Le prénom a été modifié.